Recruter un développeur
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Recruter un développeur : 10 questions simples pour comprendre ce qu’il vaut vraiment

Recruter un développeur, quand on n’est pas du métier, peut vite donner l’impression de monter dans un avion dont on ne connaît ni le pilote ni le tableau de bord. Le candidat parle de son travail avec assurance, vous sentez qu’il sait ce qu’il fait… mais sur quoi vous baser pour décider ?

La bonne nouvelle, c’est que les meilleurs indicateurs ne sont pas techniques. Ils sont humains, méthodologiques, presque universels. Ce sont des questions qui fonctionnent aujourd’hui, et qui fonctionneront encore dans cinq ou dix ans — même quand les demandes techniques auront changé.
D’ailleurs, de nombreux recruteurs utilisent volontairement des questions non techniques pour évaluer les développeurs, car elles révèlent leur façon de penser, de collaborer et de résoudre des problèmes.

Voici donc 10 questions simples, pertinentes et accessibles à n’importe quel dirigeant ou recruteur, pour recruter un développeur sans parler code, tout en comprenant vraiment à qui vous avez affaire.

1. « Comment vous vous y prenez quand vous devez résoudre un problème complexe ? »

Imaginez quelqu’un face à un puzzle de 1 000 pièces. Certains retournent la table. D’autres commencent par trier les coins.
Cette question sert exactement à ça : comprendre comment la personne réfléchit avant d’agir.

Quand nous, développeurs, répondons à cette question, on ne parle pas vraiment de technique. On parle de méthode : découper le problème, avancer par étapes, tester, parfois se tromper, puis corriger.
Si la réponse ressemble à un cheminement clair, même raconté simplement, c’est bon signe. À l’inverse, une réponse très vague peut indiquer une approche plus instinctive que structurée — ce qui peut devenir risqué sur des projets complexes.

2. « Pouvez-vous me parler d’un projet dont vous êtes particulièrement fier ? »

Cette question fonctionne comme un miroir. Elle montre ce que la personne valorise vraiment dans son travail.
Est-ce le défi relevé ? Le travail d’équipe ? L’impact pour les utilisateurs ?

En général, quand on, développeurs, est fier d’un projet, on raconte une histoire : le contexte, les difficultés, ce qui a été amélioré. Ce n’est pas une liste de fonctionnalités, c’est un récit.
Si vous sentez que la personne sait expliquer pourquoi ce projet compte pour elle, vous avez probablement quelqu’un qui a du recul sur son travail.

3. « À l’inverse, pouvez-vous me parler d’un projet qui ne s’est pas bien passé ? »

Personne ne traverse une carrière sans embûches. Et dans le développement, l’échec fait partie du quotidien.
Cette question n’est pas un piège, c’est un révélateur de maturité — un point souvent souligné dans les entretiens comportementaux.

Quand on répond à ce genre de question côté développeur, l’important n’est pas l’erreur, mais ce qu’on en a fait. Est-ce qu’on a appris ? Ajusté sa façon de travailler ? Changé une habitude ?
Une réponse nuancée, qui parle d’enseignements plutôt que de coupables, est souvent très rassurante.

4. « Quand plusieurs tâches arrivent en même temps, comment vous vous organisez ? »

Un projet numérique ressemble rarement à une ligne droite. C’est plutôt une route avec des détours, des imprévus, et parfois des urgences qui surgissent sans prévenir.
Cette question vous permet de voir comment le candidat gère la pression et la priorisation.

Quand nous, développeurs, savons répondre clairement à cette question, c’est souvent parce que nous avons déjà vécu ce genre de situations. On parle de priorités, de communication, parfois de compromis.
Une réponse structurée montre que la personne ne subit pas le chaos, elle l’anticipe.

5. « Comment vous assurez-vous que votre travail est de bonne qualité ? »

C’est une question essentielle pour recruter un développeur fiable sur le long terme.
La qualité, ce n’est pas seulement “ça fonctionne”, c’est “ça fonctionne bien, et durablement”.

Quand on parle de qualité côté développeur, on évoque souvent des réflexes, notamment revue de code et tests automatiques. Même sans entrer dans le détail, vous devez sentir que la personne a des garde-fous.
Si la réponse donne l’impression que le travail est livré “au feeling”, cela peut être un signal d’alerte.

6. « Que faites-vous quand vous êtes bloqué sur un problème ? »

Cette question est presque philosophique. Elle parle de solitude, d’humilité et d’autonomie.
Dans le développement, être bloqué est normal. Ce qui compte, c’est la réaction.

En général, nous les développeurs, on explique qu’on cherche, qu’on teste, qu’on demande de l’aide si nécessaire. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une compétence.
Une réponse claire montre que la personne sait avancer sans rester figée — et qu’elle ne disparaît pas quand ça coince.

7. « Comment communiquez-vous avec le reste de l’équipe sur l’avancement de votre travail ? »

Un développeur silencieux peut devenir un risque, même s’il est très compétent.
Cette question vous aide à comprendre comment l’information circule.

Quand on travaille bien en équipe, on sait expliquer où on en est, ce qui avance, ce qui bloque. Pas besoin de jargon, juste de la clarté.
Si la personne parle spontanément de transparence et d’échanges réguliers, vous avez probablement quelqu’un de collaboratif.

8. « Comment expliquez-vous une idée complexe à quelqu’un qui n’est pas technique ? »

C’est une question clé pour les environnements où le développeur échange avec des dirigeants, des clients ou des équipes métiers.
Un bon développeur sait adapter son discours — comme un bon traducteur.

Quand nous répondons à cette question, on parle souvent d’images, d’exemples concrets, de comparaisons simples.
Si la réponse montre cette capacité d’adaptation, vous gagnez un pont entre la technique et le business.

9. « Qu’est-ce qui est important pour vous pour qu’un projet soit réussi ? »

Cette question vous permet de voir si le candidat pense au-delà de sa propre mission.
Un projet réussi, ce n’est pas seulement un projet terminé.

Quand on, développeurs, parle de réussite, on évoque souvent l’utilisateur final, la stabilité, la collaboration, parfois même la satisfaction de l’équipe.
Une réponse centrée uniquement sur la performance individuelle peut être plus fragile dans un contexte collectif.

10. « Comment continuez-vous à progresser dans votre métier ? »

Le développement est un métier en mouvement permanent. Ce qui est vrai aujourd’hui peut être obsolète demain.
Cette question ne teste pas les connaissances actuelles, mais la capacité à évoluer.

Quand un développeur parle spontanément de veille technique, de curiosité, d’apprentissage continu, c’est souvent un excellent signal.
À l’inverse, une absence totale de démarche d’évolution peut poser question sur le long terme.

Conclusion

Recruter un développeur ne devrait pas être un exercice de décryptage technique. En posant les bonnes questions, vous pouvez comprendre comment la personne pense, travaille et s’intègre, sans jamais parler de code.

Ces 10 questions ne cherchent pas des réponses parfaites. Elles vous aident à écouter, à observer, et à sentir si le discours est cohérent. Et bien souvent, c’est là que se joue la réussite d’un recrutement.

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